L’UPU et l’inclusion financière numérique au SMSI

Les experts de l’UPU participant au Forum annuel du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) ont axé leurs discussions sur l’approche partenariale de l’organisation en matière de numérisation des services financiers postaux pour faciliter l’inclusion financière.

Deux milliards d’habitants à l’échelle planétaire n’ont toujours pas accès aux services financiers. Pour ces personnes, ainsi que pour les micro-entreprises et les petites et moyennes entreprises (MPME), l’absence d’accès signifie que leur épargne n’est pas en sécurité et qu’elles peuvent difficilement participer à l’économie, au commerce électronique et la numérisation croissante du monde. Il en résulte que les petites entreprises et des millions de personnes, dont de nombreuses femmes surtout en zones rurales, sont paralysées par cette exclusion financière. Reconnaissant la gravité de ce défi, l’Agenda 2030 pour le développement durable comprend des objectifs importants en matière d'inclusion financière. L’UPU répond à cet enjeu par son mécanisme pour l’assistance technique à l’inclusion financière (FITAF), qui consiste à aider une vingtaine d’opérateurs postaux à contribuer à l’inclusion financière en numérisant leurs services financiers d’ici 2020. Les participants ont examiné ces défis et ces opportunités lors de ce Forum organisé conjointement par l’UPU, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et le Centre du commerce international (CCI), le 22 mars lors du Forum du SMSI, à Genève. Intitulé «Le commerce électronique et l'inclusion financière en tant que catalyseurs de la formalisation et de la croissance des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) dans les pays en développement», les participants ont discuté de l’importance de l’accès aux services financiers numériques pour faciliter à la fois l'inclusion financière et le développement des MPME. Lors de la présentation du panel, Paul Donohoe, chef du Programme «Commerce, économie numérique et commerce électronique», a cité un rapport indiquant que 2 milliards d’habitants et 200 millions d’entreprises n’ont pas accès à l’épargne ni au crédit. Youssouf Sy, qui conduit les travaux sur le FITAF à l’UPU, a décrit le réseau postal comme étant l’un des principaux acteurs de l’inclusion financière. «L’inclusion financière donne accès aux finances et permet aux personnes et aux entreprises de renforcer la résilience et la croissance», a-t-il ajouté. Par vidéoconférence, Jorge Ortega, directeur principal pour l’inclusion financière mondiale chez VISA Inc., a mis l’accent sur l’importance de l'inclusion des petits commerçants. Il a souligné la nécessité de changer d’approche, de penser différemment et de tester de nouvelles idées. «Les postes ne se contenteront plus de distribuer le courrier, elles fourniront aussi les services de paiement numériques aux commerçants d’à côté, ce qui soutiendra leur croissance et générera de nouvelles sources de revenus pour les postes à l’aide de technologies et de services qui leur assurent leur pertinence à l’ère du numérique», a expliqué M. Ortega. D’autres intervenants tels que Anir Chowdhury, conseiller en projets chez a21, Bisi Adegbuyi,  Postmaster General de NIPOST au Nigéria, Mohamed Es Fih, conseiller en solutions électroniques pour les entreprises au Centre du commerce international et Scarlett Fondeur Gill du service de la politique des TIC à la CNUCED partageaient le point de vue selon lequel de grandes infrastructures nationales comme le réseau postal, de portée universelle et jusqu’au dernier kilomètre, peuvent faciliter l’inclusion financière auprès de populations non bancarisées et mal desservies. Cette inclusion peut ensuite servir de base à la formalisation et à la croissance des MPME. Il est ressorti des différents exemples présentés par les intervenants et les participants que des solutions financières numériques appropriées constitueraient le meilleur moyen de répondre aux besoins des particuliers et des petites entreprises, par rapport aux outils financiers officieux actuels.